Contenu

Le repeuplement

Une mesure de gestion nécessaire en Europe et en France.

Entre autres mesures de gestion devant permettre de renverser la situation et contribuer à pérenniser l’espèce, le repeuplement ou transfert d’anguilles consiste à réensemencer des milieux naturels en bon état écologique, ayant des potentialités d’accueil et de croissance sous-utilisées naturellement par l’espèce (zones vides ou « sous-densitaires » d’anguilles) et assurant un taux de survie optimal des poissons jusqu’à leur retour en mer (sources de mortalités réduites). Il vise à augmenter le nombre de géniteurs sains en capacité de rejoindre la mer et constitue :

  • une obligation européenne : le règlement CE n°1100/2007 instituant des mesures de reconstitution du stock d’anguille à l’échelle communautaire, impose à chaque Etat membre d’élaborer et de mettre en œuvre un plan de gestion national, agissant sur l’ensemble des causes de mortalité de l’anguille. Il impose d’autre part aux pays de l’UE autorisant la pêche de l’anguille de longueur inférieure à 12 cm (civelles ou pibales), de réserver 60 % de leurs productions à des fins de repeuplement dans les eaux européennes à l’horizon 2013 ;
  • un engagement national : le plan français de gestion de l’anguille (PGA), approuvé par l’Europe et ses 27 Etats membres le 15 février 2010, prévoit notamment de réserver entre 5 et 10 % de la production nationale civelière à des fins de repeuplement dans les bassins français. Un cahier des charges strict encadre le montage, la réalisation et le suivi de chaque opération de repeuplement en France ;
  • une mesure d’urgence permettant aujourd’hui, à l’instar des mesures appliquées à la pêche, de compenser la non-application des obligations réglementaires qui auraient dû être respectées pour assurer la conservation des habitats de l’anguille et le maintien de la continuité écologique. Le repeuplement d’anguilles en France, réalisé à partir de civelles originaires du bassin sur lequel les alevins sont relâchés, doit apporter un bénéfice pour l’espèce supérieur à ce qu’entraîne la colonisation naturelle des milieux et contribuer à l’atteinte des objectifs d’échappement (40%).
  • une orientation stratégique de la STRANAPOMI (STRAtégie NAtionale de la gestion des POissons MIgrateurs) permettant d’optimiser la gestion des poissons amphihalins en vue de leur conservation.